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Les politiques énergétiques de la Turquie

En Turquie, l'énergie est principalement fournie par les énergies fossiles telles que le pétrole, le charbon et le gaz. La majorité de ces combustibles est importée, ce qui crée une grande dépendance. De plus, la consommation d'électricité augmente chaque année de 7 % dans le pays. Afin de réduire ces coûts et d'aller vers une transition énergétique permettant plus d'indépendance, la Turquie a décidé de mettre en place des mesures politiques dans lesquelles les énergies renouvelables prennent une place de plus en plus importante. L'objectif du gouvernement est 30 % d'énergies renouvelables pour la production d'électricité d'ici 2023. Il s'agit là d'un projet ambitieux puisqu'en 2013, la part des énergies renouvelables ne s'élevait qu'à 4,2%.

 

Une première mesure politique est prise en 2005, lorsque la définition des énergies renouvelables est inscrite dans la loi. Cinq ans plus tard, un amendement permettait d'introduire un système de prix de rachat selon les systèmes utilisés, il prenait aussi des mesures incitatives pour stimuler le secteur et le rendre plus attractif. Ce fonctionnement soutient les producteurs et crée une stabilité, puisqu'il créé la possibilité pour ces derniers de vendre leur énergie renouvelable à des prix garantis pendant 10 ans.

 

Le principal système d'énergie renouvelable en Turquie est l'hydraulique. Après le gaz naturel, c'est la deuxième source de production d’électricité du pays. Cette énergie est, cependant, très contestée pour plusieurs raisons : cela aurait des conséquences néfastes pour l'écologie et les barrages assécheraient les rivières. De nombreuses associations écologiques militent contre ces barrages qui nuisent à l'écosystème, sans succès. Même si l'hydraulique est une énergie renouvelable, son impact serait ainsi extrêmement négatif pour l'environnement. Cette décision politique de donner beaucoup de place à cette forme d'énergie ne semble pas convaincre tout le monde.

 

Quant à l'éolien, il s'agit là d'un secteur en pleine expansion, qui est la troisième source d'énergie du pays après l'hydraulique. En dix ans, sa production a augmenté de 62 %. Sa présence dans le paysage des énergies est très faible puisqu'elle représente moins de 5 %. Mais la Turquie a cet avantage d'avoir un vaste territoire avec de nombreux endroits très venteux propices à l'installation d'éoliennes. Le potentiel du pays concernant cette énergie est immense.

 

Un domaine dans lequel le potentiel de la Turquie est encore plus intéressant, c'est le solaire. Sa position géographique lui permet une exposition exceptionnelle : le temps moyen d’ensoleillement est de 2 640 heures par an, c'est le plus élevé d'Europe. La politique concernant cette énergie a d'ailleurs été assouplie pour la développer davantage. Ainsi, les consommateurs peuvent installer des panneaux photovoltaïques directement chez eux sans aucune licence, à condition que la production ne dépasse pas 1MW. Presque tous les immeubles du pays disposent d’installations de panneaux solaires. Cette énergie renouvelable dispose d'un véritable avenir en Turquie et il se développe tous les jours un peu plus. Malgré cela, le solaire reste à la dernière place des énergies renouvelables turques.

 

Même si le pays montre une volonté de se tourner vers les énergies renouvelables, l'écologie ne semble pas pour autant le préoccuper puisqu'il se contredit en investissant dans des centrales nucléaires ou en intensifiant ses extractions de pétrole.

Pour en savoir plus sur la stratégie énergétique de la Turquie: http://www.lemonde.fr/international/article/2016/08/16/la-turquie-relance-sa-strategie-energetique-avec-le-soutien-de-la-russie_4983636_3210.html

 

 

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